Fragment de rouleau trouvé dans un tube d’airain au fond d’une amphore de la cargaison de l’épave hellenistique de Naxos (bizarrement, ce rouleau y était en au moins une dizaine d’exemplaires)
Texte reconstitué:
“Le monde résonne encore des exploits d’Alexandre. Déjà 20 ans qu’il repose dans son sarcophage d’or à Alexandrie, et on se bat toujours pour les dépouilles de son empire. Comme entre Achéens et Troyens autour du corps de Patrocle, la lutte est âcre, sombre et sanglante. Mais peut être n’y a t il plus d’Achille ou d’Hector pour mettre fin au combat, ils sont deja dans leurs tombeaux, ces grands heros, ne laissant que la piétaille se déchirer comme des chiens les dernieres ombres de gloire.
Des restes de l empire, c’est Antiochos qui en a herite la plus grande part. La part du lion dit il. Mais n’a-t-il pas hérité plutôt d’une vieille pelisse deja mitée? Déjà, l’Arachosie lui échappe, et l’Indus ne baigne plus ses frontières depuis longtemps.
Quand à Ptolémée, c’est plus un marchand qu’un guerrier, qui répudie ses fils et épouse sa soeur! Il peut s’entourer d’autant de fastes qu’il le veut, attirer avec son Or tous les beaux esprits du monde, il ne sera jamais capable de susciter la loyauté, seulement de l’acheter.
Qu’un sbire de Ptolemee ou d’Antiochos lise ses lignes, et je suis certain d’aller compter fleurette aux néréiides, les pieds enserres dans des chausses de plomb. Mais où un esprit libre, aujourd’hui, pourrait-il trouver refuge? Les fières cités de jadis, où sont elles? Thèbes la farouche n est plus, premier sacrifice a la gloire d’Alexandre. Les flots d’or ont éteint les flammes de la démocratie athenienne, plus sûrement que la garnison macedonienne du Pirée. Ce n est plus la voix rageuse de Démosthene qui résonne sur l’agora, seul le babil des philosophes y fait encore illusion. Athènes,ce phénix toujours renaissant, se relèvera-t-elle un jour? Et Sparte, l’autre gloire d’antan, reveillera-t-elle le feu sacré de la Grèce immortelle? Il faudrait pour cela qu’elle cesse de bouder, toujours vexée de s’être fait voler l’Asie par le barbare Alexandre. Sa fierté hautaine l’a isolée des autres grecs trop longtemps, et ses fiers hoplites doivent aujourd’hui se vendre pour assouvir leur quête de gloire…
Peut être Pyrrhos le molosse, ce cousin des Argéades, saura, lui, rallumer la flamme des Hellènes. Peut être taillera-t-il enfin un avenir à la hauteur de notre passé…”

Ce texte semble être signé par Laoïos d’Antioche, un tragédien vainqueur aux Panathénées, dont on ne connaît plus l’oeuvre que par des allusions dans divers catalogues.

Les Ombres d'Agathocle

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