Thomas

Le Fils du Loup, Un Ambact Celte Chevelu en Gesa

Description:
Bio:

A cette époque, et depuis quelques semaines, tu étais tracassé. Les entrainements guerriers, qui t’enthousiasmaient tant, ne semblaient plus suffire à ton âme inquiète. Deux fois aujourd’hui, le chef t’avait jeté à terre, par surprise. Tu t’étais laissé cueillir parce qu’un écho, une vibration, à la limite de ta perception, t’avait déconcentré. Tes nuits sont effectivement assez tourmentées ces derniers temps. De tes rêves confus, tout ce qu’il te reste au matin, ce sont de vagues souvenirs de feu et de hurlements lointains. Inquiet, tu n’avais voulu en parler à personne, craignant le pire, et ne voulant pas en rajouter au ridicule.
Et cette terrible nuit, tu es une nouvelle fois parti voyager dans tes rêves, jusque sur une île écrasée de soleil, perdue dans une mer d’émeraude aux flots tumultueux secoués par une montagne de feu. Tu es debout sur la grève, l’arme à la main, le souffle rauque, ta sueur et ton sang se mêlant au sable dans tes blessures. Autour de toi, quelques ombres, floues, indécises (des alliés?…). Devant toi, te transperçant de ses yeux incandescents, la bave dégoulinant de ses crocs jaunâtres et acérés, balayant le sable de son haleine insane, un molosse monstrueux, haut comme un boeuf, t’empêche de passer. Le monstre te domine, tu as déjà eu à souffrir de ses attaques. Ses hurlements hantent tes nuits depuis si longtemps… Tu ne sais même pas si tu es de taille à l’affronter, … probablement pas, en fait. Mais tu DOIS passer, tu le sais. Il FAUT que tu atteignes le pied de la terrifiante montagne.
Tu empoignes ton arme, prends ton souffle, tu vas te jeter sur lui… Et soudain une voix résonne et ton rêve se déchire: Chien d’enfer, ombres, montagne, plage se dispersent comme des feuilles jaunies sous le vent d’automne. Te retenant le bras, devant toi se dresse Vortigern, ton Druide. “Pas encore, mon enfant, tu n’es pas prêt” t’a-t-il dit. “Rendors toi, Fils du Loup, et viens me voir à ton réveil. Alors ta vraie vie commencera”.
Au matin, à ton réveil, pour la première fois depuis longtemps, tu es frais, reposé, soulagé en fait. Presque serein… Si ce n’était que, pour une fois, tu te souviens de ton rêve, et que l’ombre de Vortigern, debout à l’entrée de ta hutte, se projette jusqu’au pied de ton lit.

Et depuis, effectivement, une nouvelle vie s’est ouverte devant toi. Ou plutôt, tu t’es enfoncé dans ce destin d’airain que les Dieux t’ont forgé dans le sang. Tu ne pensais pas revoir le bosquet sacré de ton adolescence, et ta nouvelle initiation a été bien plus douloureuse. Qautre condamnés y ont perdu leur vie, mais tu y as gagné un lien direct Loup, le Dieu tutélaire de la tribu. Soit, l’ombre protectrice de l’esprit Loup t’enveloppe chaque nuit et rend tes cauchemars plus flous, plus supportables. Si seulement les cris des suppliciés se vidant de leur sang ne venait hanter tes souvenirs éveillés! Et dire que Vortigern avait conclu la cérémonie en t’apprenant que si le lien avec Loup s’affaiblissait, tu pourrais demander à tout Druide que tu rencontras de renouveler la cérémonie du lien… “Il te reconnaîtra pour ce que tu es, et quel est ton fardeau, dès qu’il posera les yeux sur toi”. C’est rassurant, parce que tes proches, ceux qui te connaissaient avant, eux, ne semblent plus te reconnaître. A vrai dire, toi même, tu sens que le lien avec Loup te transforme un peu plus chaque jour. De jovial et bon compagnon, tu deviens plus sauvage et solitaire; toi si solaire, tu te surprends à humer la Lune sous les frondaisons de la Grande Forêt. Même tes relations avec les femmes, si ludiques auparavant, ont aujourd’hui pris un tour désespéré et féral. Toi qui ne te souciais que des tes prouesses guerrières, tu sens aujourd’hui grandir en toi une détermination que tu ne te connaissais pas, un besoin viscéral de résoudre ce combat au Soleil, sur cette île écrasée de chaleur. Mais tu y as gagné aussi une assurance nouvelle, une perception accrue du monde, de la vie qui s’épanouit, du sang qui courre dans les veines des êtres vivants qui t’entourent, choses qu’il te faut protèger du danger qui couve là bas, au Sud, sur les rives de la Grande Eau.
Voici ce qui t’as amené à traverser la Grande Forêt, à descendre le Grand Fleuve jusqu’à la Cité des Grecs. Là, sur les conseils du Druide d’une tribu Ligure, tu es entré au service d’un marchand Etrusque, en attendant le navire qui t’emportera pour ton combat final.
Et voici qu’aujourd’hui, Loup hurle de joie. Le navire est là, et tes compagnons d’arme, ceux qui verseront leur sang à tes côtés, viennent d’en débarquer!

Thomas

Les Ombres d'Agathocle DidierForcioli