Laïos d'Antioche

Un dramaturge d'Antioche en voyage d'études en Occident

Description:

Deux fois vainqueur aux Panathénées, Laïos est souvent précédé par sa réputation. Ses succès ont confirmé que l’opinion qu’il se faisait de lui même était bien fondée. Il est talentueux, un peu trop, peut être, ce qui le met souvent dans des situations difficiles. Voyage accompagné de deux esclaves dont il change les noms selon son humeur. A part ça, aime le vin, la bonne chére et son confort!

Bio:

Un peu d’histoire, tout d’abord
Un petit mot de Séleucos Premier Nîkator (le vainqueur). Après maintes péripéties, c’est lui qui s’est approprié toute l’Asie d’Alexandre le Grand (sauf l’Asie mineure à l’origine). Il a dû passer un certain temps à affermir son pouvoir en Perse, Médie et Bactriane, et a dû abandonner la partie indienne de son royaume au roi Maurya Chandragupta (mais il y a gagné la tranquilité sur ses frontières orientales, et des éléphants de guerre à volonté). Parmi tous les Diadoques, son royaume est de loin le plus étendu, il a même dû confier à son fils Antiochos Ier la régence de tout l’Est. Après tout, il est le petit fils du roi Spitaménés de Bactres qui avait incarné la résistance à Alexandre (Séleucos a été le seul des généraux d’Alexandre à garder la femme asiatique que le grand conquérant l’avait forcé à épouser). Pour la petite histoire, Séleucos a donné sa seconde femme Stratonike en mariage à son fils Antiochos, qui se mourrrait d’amour pour elle (il a pris le temps de lui faire un ou deux gamins avant de la lui donner: Séleucos Ier Nikator, Grand Roi, aime son fils, mais tout de même…).
Si Séleucos s’est montré si généreux, c’est aussi qu’il voulait assurer sa tranquilité en Orient pendant qu’il mettait le nez dans les affaires méditerranéennes: Alors que Ptolémée Ier d’Egypte l’avait aidé à récupèrer son royaume qu’Antigone Monophtalmos le lui avait soufflé il y a quelques décennies, ses enfants, ces foutus Lagides , fils de chiens, non contents d’essayer de se faire passer pour des dieux en Egypte en se niquant entre frère et soeur, veulent en plus lui piquer SA Syrie (euh, oui…, Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, grand amateur de femmes et de boisson, est resté un bon vieux troufion dans l’âme…). En plus, l’autre Diadoque survivant, Lysimaque, que tout le monde avait oublié en Thrace, s’est arrogé en douce toute l’Asie Mineure parmi les dépouilles d’Antigone Monophtalmos, et commence à lorgner sur SA Babylonie (euh, oui, Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, a aussi un instinct de propriété très développé, en ce qui concerne les territoires, en tout cas). Il a profité que ce fou de Lysimaque ait éliminé son trop compétent fils aîné Agathocle au profit de descendants d’un second lit, pour accueillir en sa cour la femme de ce fils déchu et son frère Ptolémée (et oui, si Alexandre avait envahi le monde avec son armée, le premier des Ptolémées, lui, l’inondait de ses nombreux rejetons). Séleucos faisait appeler ce grand benêt de Lagide déshérité ‘Keraunos’, c’est à dire “la foudre” mais c’est assez ironique, (Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, a aussi un sens de l’humour). Me^me s’ils étaient un peu pénibles dans leurs prétentions, cela avait été un beau coup de les prendre sous son aile, ces deux Lagides perdus: Voilà qu’il pouvait se lancer en leur nom à la conquête du reste de l’Asie (“Pour simplifier la diplomatie, ce sera plus simple avec un roi de moins” Séleucos Ier Nikator, Grand Roi, n’aime pas se compliquer la vie outre mesure). En parallèle, il a soutenu Pyrrhos d’Epire, en pensant qu’il s’en prendrait de nouveau à la Macédoine, histoire de faire touner Lysimaque en bourrique! Mais cet idiot de Molosse a préféré s’en prendre à l’Italie et à la Sicile (“C’est pas un cousin d’Alexandre pour rien, toujours à vouloir pisser plus loin que les autres”…,Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, est aussi fin psychologue, enfin, c’est ce qu’il croit).
A cette époque, les choses se présentaient donc plutôt bien pour Séleucos, qui était sur le point de se tailler un empire digne de lui. Mais deux trois petits soucis le rongeaient quand même.
Les Lagides d’Egypte faisaient plus Rois que lui, avec leur politique de prestige, qui, il l’admettait lui-même, “en jetait”. S’ils n’avaient pas fondé Alexandrieeux-mêmes, en bon vautours qu’ils étaient, les Ptolémées père et fils avaient su en faire en peu de temps une vraie capitale et un centre économique mondial. Babylone, c’était un peu trop loin et un peu trop vieux pour frimer auprès des autres rois, alors Séleucos décida de fonder ses propres villes: Antioche, sa nouvelle capitale, et Séleucie de Périe, son port, Apamée sa capitale militaire, etc… Le tout en Syrie pour surveiller un peu sur ce coin-ci de ses terres.
Autre problème, les consanguins du Nil (Ptolémée II a épousé sa soeur Arsinoé, une qui avait roulé sa bosse dans le lit de deux autres Diadoques avant de venir réchauffer celui du frérot, Séleucos Ier Nikator, Roi des Rois, sait de quoi il parle, puisqu’il n’en avait pas voulu, lui, de la morue Lagide) étaient en train d’attirer à eux tout plein de gloires littéraires et philosopheux, toujours pour se la ramener auprès des autres. Du coup, Séleucos s’est mis en tête de faire pareil à Antioche, ou en tout cas, d’éviter que “SES grosses têtes aillent se la faire briller chez ses ennemis”. D’où la mise nen place d’une politique d’encouragement des arts (Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, grand amateur de femmes et de boisson, s’il n’est pas des plus raffinés, est certainement de le Basileus le plus riche de tous).

C’est à cette époque que toi, Laîos, grand tragédien aimé des Muses, est devenu un proche du Grand Roi. Le fait que tu quittes Milet, ta ville de naissance, pour t’installer à Antioche, la nouvelle capitale, et pas à Athènes ou Alexandrie, t’a valu ta montée en grâce avant que tu n’aies atteint ta trentième année. (il faut dire que, de tous les intellos du coin, tu es un des rares à supporter l’intellect de sous-officier roublard du Grand Roi, et à l’Aristophane, tu sais être aussi vulgaire que lui quand il le faut). Ta victoire (à 30 ans) aux Panathénées, t’as valu ta statue sur l’Agora de la capitale. Encore que, tout vainqueur de Jeux Panhelléniques que tu sois, même si tu as eu ta statue sur l’Agora d’Antioche, tu n’es pas infaillible, et il semblerait que tu ais fait (enfin! dirons certains) la plaisanterie de trop. Alors que Séleucos, ivre, fêtant sa victoire totale sur Lysimaque et sa prochaine conquête de la Macédoine, était de nouveau en train de déblatérer sur le couple incestueux qui règnait sur l’Egypte, tu n’as pas pu t’empêcher de lui faire remarquer qu’en terme d’inceste, l’échange de femme avec son fils, ce n’était pas joli joli non plus (avec un commentaire sur les réunions de famille compliquée, les enfants de Stratonike devaient ils appeler Séleucos papa, ou grand père? Et Antiochos, c’était leur père, ou leur frère?)… Ca a d’autant plus jeté un froid que cet idoit de Kéraunos a été le seul à éclater de rire très bruyamment, alors qu’il venait de s’engueuler avec Séleucos sur le partage des dépouilles de Lysimaque (un conflit de légitimité, il t’avait semblé). Bref, ce n’était pas le moment de ridiculiser Séleucos Ier Nicâtor, Grand Roi, qui peut être très tatillon en ce qui concerne le respect qu’on lui doit (comme tous les parvenus, murmureront certains). Tu t’es donc éclipsé discrétement de la fête, et d’Asie Mineure, et en fait d’Asie tout court! Tout le monde a bien compris que tu allais mettre la moitié du monde connu entre toi et le grand Roi, histoire de ne pas finir au fond de la mer dans une caisse en plomb, comme ce pauvre Callisthène au large d’Alexandrie, pour le même genre de bêtises envers le couple royal Lagide… En fait, tout l’incident avait été arrangé entre Séleucos et toi, et quelques uns de ses généraux (Kéraunos et Attale de Pergame). Il avait besoin de quelqu’un fort intelligent, qui puisse enquêter pour lui sur ce qu’il se passait à l’Ouest. En effet, des Barbares d’Italie, les Romains, venaient d’échanger des ambassadeurs avec Ptolémée. “Pas de quoi en faire un flan, a priori, à part que ces Romains, tout barbares qu’ils soient, avaient tellement secoué les puces au meilleur soldat au monde après moi, Pyrrhos d’Epire, qu’il a préféré envahir la Sicile que d’y retourner” t’a dit le Grand Roi. Craignant “une nouvelle entourloupe du sphinx à deux têtes”, Séleucos a jugé prudent d’envoyer quelqu’un là-bas pour savoir un peu au juste qui sont ce Romains, qui sont leurs ennemis (Carthage? Massalia? Syracuse?) et en quoi les Lagides seraient aussi intéressés que ça par ces Barbares… Il t’a aussi confié un message à remettre en main propre à Pyrrhos. Pour te protéger au mieux, toi, son agent, il a pensé à ton bannissement comme couverture! Pour te consoler, il t’a donné 2 talents d’argent pour tes peines, et t’a confié sa chaîne d’Hipparchos (commandant de la cavalerie) que lui avait donné Alexandre, comme sauf-conduit à ton retour. C’était il y a dix ans. A peine étais tu arrivé à Athènes que tu apprenais la mort de Séleucos, assassiné par Ptolémée Kéraunos, qui s’est approprié la Macédoine (et ce, il semblerait le soir même de ta fuite). Tu n’as même pas eu le temps de quitter la ville que tu apprenais que ce dernier était tombé lui même sous les coups des Celtes, qui ont ensuite eu l’audace d’assièger Delphes avant d’être repoussés (tu as aidé à cette défense, tu restes grec tout de même). De là, avant de passer en Italie, tu as appris qu’à peine arrivé à Antioche pour succèder à son père, Antiochos a fait enlever ta statue de l’Agora… Il donnait pourtant l’impression d’être quelqu’un de pondèré, ce jeune Roi. A sa décharge, il faut dire qu’apparemment un très bon imitateur a inondé les cités grecques d’Ionie d’un pamphlet appelant les Grecs à la rebellion contre lui, pamphlet rédigé dans un style si proche du tien que ta signature à la fin n’a choqué personne… Tu as tout de même fini par rejoindre la Sicile et Pyrrhos, alors qu’il levait le siège de Lilybée, la dernière place carthaginoise de l’île. Tu n’as jamais su exactement ce qu’était le contenu de ce message. Tout ce que tu sais, c’est que Pyrrhos a quitté l’île très peu de temps après, a rejoint la Grèce continentale après être passé par l’Italie, et s’est empressé d’envahir la moitié de la Macédoine! En fait, pendant ce temps, tu l’as aidé à rédiger ses Mémoires: Le grand soldat t’a renvoyé à Syracuse pour que tu en finisses au calme la rédaction, et tu sais qu’il devait y revenir une fois “sa dette réglée”. Hélas, tu as dû te contenté de ce matériel brut. Pyrrhos ne t’en a jamais dit plus, il est bêtement mort en Argos après sa campagne de Macédoine. IL semble finalement que toute cette mission n’était finalement pas bien vue des Dieux… Pour améliorer ta situation, tu as appris qu’Attale de Pergame, dernier témoin vivant de ton ordre de mission, était en froid avec Antiochos Ier, le nouveau Grand Roi. Même si ton rapport sur les romains est fin prêt maintenant, tu as préfèré pour l’instant rester auprès d’un ami, Hiéron, patricien de Syracuse, ancien lieutenant de Pyrrhos, amateur d’art et de science s’il en est, que tu juges promis à grand avenir. Ou en tout cas, comme quelqu’un capable de t’offrir mieux qu’une geôle à Apamée…

Laïos d'Antioche

Les Ombres d'Agathocle DidierForcioli