Emmerkar de Sardes

Un fils prodigue Achéménide, devenu mercenaire malgré lui

Description:
Bio:

Jusqu’à aujourd’hui, il y avait toujours eu un Othanès derrière le trône du Grand Roi. Pas au pied du trône, un Othanès ne se prosterne devant personne ! Ni dans l’ombre du trône, un Othanès agît toujours en pleine lumière ! Enfin, c’est ce que te répétait ton père, à longueur de journées, quand il occupait lui même cette place derrière l’usurpateur macédonien. Mais ça, il détestait que tu le lui rappelles. Il se lançait à chaque coup dans l’éternelle diatribe, qu’un Othanès avait été là pour monter un Achéménide sur le trône, et qu’un Othanès fut le dernier à donner sa vie pour tenter de sauver celle de Darius, le dernier des Achéménides. Le clan Othanès incarne la loyauté au trône de Perse, quelque soit le cul posé dessus, et celui de Séleucos Nicâtor valait bien mieux que tout ceux qui l’y avait précédé, et blah blah blah… Cela dit, cette fois ci, ce mot d’usurpateur, tu l’as peut être crié un peu fort. Il faut dire, ton mal de crâne du moment y était sûrement pour quelque chose. Tu le savais, pourtant, comment il réagirait, ton père, en te voyant revenir dans un tel état alors que tu devais passer une audience pour enfin rentrer dans cette carrière militaire dont il rêvait pour toi. Plutôt ironique, d’ailleurs, que fuir cette carrière ait fait de toi aujourd’hui un mercenaire émérite…
En tout cas, sur le moment, tout ce qui importait à ton père, c’était de t’éloigner de la cour de Séleucos. Trop d’oreilles y traînaient depuis qu’il avait décidé de s’en prendre enfin au vieux Lysimaque. C’est ce conflit à venir qui devait te fournir l’occasion d’entrer dans une glorieuse carrière militaire, comme un Othanès digne de ce nom. Puisque ton comportement irresponsable t’avait fait manquer une charge d’officier, il avait alors choisi de t’envoyer t’aguerrir en visitant le monde. Inutile de dire que sur le coup, tu étais plutôt heureux de ton coup d’éclat, puisqu’il forçait ton père à lui même t’éloigner de ce brillant avenir dans lequel il comptait t’enfermer !!!
Il t’a fallu un an pour déchanter, mais quelle année !!! Ca, on sait faire la fête, à Alexandrie !. Et à Athènes. Et à Corinthe… Et à Tarente… Mais là, apparemment, ton père en a eu assez de payer pour tes frasques, et de couvrir tes départs précipités. Ils sont si jaloux, ces Grecs, et les Grecques si belles ! Enfin bref, quand Belwas, le fidèle eunuque de ton père, t’a rejoint à Tarente, c’était pour t’annoncer qu’il t’abandonnait enfin à ton propre sort. Qu’il était temps de lui prouver, et à toi même, par ailleurs, que tu étais digne de ta naissance (toujours aussi pompeux, même depuis l’autre bout du monde). Bref, il a fallu commencer à gagner ta vie. Tu t’es donc engagé dans l’armée de Pyrrhos quand l’Epirote s’est lancé à la conquête de la Sicile. Bon, ton origine perse te rendant douteux à la plupart des Grecs, tu n’as trouvé à t’engager que comme épibate sur une galère de bric et de broc. Faut dire, avec un capitaine crétois, un pilote phénicien et une maître de nage Nubienne, tu ne dépareilles pas vraiment à bord. La seule chose qui malgré toute ta désinvolture te gêne tout de même, toi le Perse, c’est que tu sois sous le commandement direct d’un Spartiate. Mais, bon ça aurait pu être pire, il aurait pu être Athénien… Quoi qu’il en soit, tu commences à les faire, tes preuves, depuis que tu es à bord. On ne t’y considère pas toujours comme un sale enfant gâté, mais parfois comme un homme d’équipage fiable et efficace. Et puis, sans que tu saches bien pourquoi, toi aussi, tu commences à les trouver sympathiques, ces barbares de Grecs…
Cela dit, un truc te tracasse tout de même. Tu t’es rendu compte il y a peu que la fin du soutien financier de ton père correspondait à l’assassinat de Séleucos Ier Nikator, le fameux usurpateur macédonien, alors qu’il s’apprêtait à cueillir la Macédoine après sa victoire sur Lysimaque. C’est ce grand prétentieux de Ptolémée Kéraunos qui en a hérité, cette grande gueule planquée dans les jupes de sa soeur. Enfin, les Celtes lui ont définitivement cloué le bec, à ce parvenu dégénéré. Ca ne t’a pas rendu l’argent de ton père, mais au moins, ça t’a réconforté… Tu vaux bien mieux que lui, et cela devait heurter les Dieux que lui soit monté si haut quand toi tu descendais si bas…

Emmerkar de Sardes

Les Ombres d'Agathocle DidierForcioli